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23/08/2012 - L'avenir du camion électrique

L'une des idées idiotes les plus tenaces de l’industrie automobile, c’est que les voitures électriques ne seront vraiment efficaces qu’avec des câbles électriques aériens. La logique de la chose n’est pas difficile à suivre : les voitures ont besoin de beaucoup d’électricité, les batteries en stockent trop peu, et des câbles aériens peuvent en fournir.

Siemens, le géant allemand de l’ingénierie électrique et la première entreprise d’Allemagne en matière de technologie ferroviaire, entend transposer le meilleur de sa technologie du rail à la circulation routière.
Deux camions Mercedes ont été munis de pantographes et d’une transmission modifiée capable de fonctionner avec deux systèmes différents. Si la route est équipée de câbles électriques aériens, le prototype fonctionne à l’électricité, comme les locomotives électriques ; s’il n’y en a pas, le véhicule bascule sur un moteur Diesel qui fait fonctionner un générateur alimentant le système en électricité.

Le ministère allemand de l’Environnement a jugé que ce camion hybride avait un potentiel vert suffisant pour que lui soient consacrés plus de 2 millions d’euros. Avec ces fonds, Siemens a construit la première route destinée à tester le prototype sur un aéroport désaffecté du nord de Berlin. La voie fait 1,5 km de long et est équipée de caténaires qui alimentent les camions en électricité. Pour Roland Edel, de Siemens, ce prototype est un “projet phare”. L’idée est “complètement originale” et n’a pas été “conçue dans une tour d’ivoire”.

Reste à savoir ce qui est vraiment nouveau là-dedans : il y a longtemps que les véhicules alimentés par caténaires, les trolleybus, dont certains possèdent également un moteur Diesel, ont fait leurs preuves. Le Conseil consultatif de l’environnement a présenté une première estimation des coûts.

Equiper les principaux axes du réseau autoroutier allemand (les autoroutes A1 à A9) de caténaires coûterait dans les 15 milliards d’euros, soit 1,5 fois plus que le plus gros projet d’infrastructure actuellement en cours, la refonte des ponts autoroutiers de tout le pays. De plus, si un camion conventionnel coûte 90 000 euros, ces véhicules hybrides coûteraient deux fois plus cher. Il faudrait encore 8 milliards de plus pour convertir ne serait-ce que la moitié des camions actuellement immatriculés en Allemagne.

Ces hybrides ne seraient en outre pas plus écologiques. Un 40-tonnes consomme environ 30 litres de diesel et émet moins de 80 kilos de dioxyde de carbone pour parcourir 100 kilomètres. Un camion fonctionnant à l’électricité consommerait au moins 200 kilowatts/heure pour parcourir la même distance. Or, selon l’Office fédéral de l’environnement, la production de cette électricité générerait dans les 112 kilos de dioxyde de carbone.

En d’autres termes, les entreprises allemandes paieraient des dizaines de milliards d’euros pour consommer encore plus d’énergies fossiles et causer encore plus de dégâts à l’environnement.

Information Courrier International. |42083_Siemens.jpg|

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