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07/07/2015 - Montreal - Les remorqueurs dénoncent la concurrence des taxis

Les remorqueurs dénoncent la concurrence des taxis.
C'est le Journal de Montréal du mardi 7 juillet 2015 qui fait l'écho du ras le bol de certains remorqueurs envers les taxis:

«C’est dur d’être sympathique à la cause [des taxis]. Ça donne presque envie d’encourager Uber», avoue Serge Landry, propriétaire de Remorquage Météor.

Les remorqueurs sont en colère contre les taxis qui leur font concurrence en acceptant de déverrouiller des portières ou de survolter des voitures (choc batterie).

Ironiquement, les taxis sont eux-mêmes en guerre contre Uber, qu’ils accusent de concurrence déloyale.
«L’argent que j’ai perdu à cause des taxis, je ne le compte plus. Je suis trop outré», s’indigne Pierre Beaucage, de chez Remorquage PDL, à La Prairie.

Comme tous les remorqueurs interrogés par Le Journal, M. Beaucage en veut aux compagnies de taxi qui n’hésitent pas à offrir des services de dépannage de base. Selon eux, les taxis seraient moins compétents que les remorqueurs et feraient payer moins cher aux clients dont le moteur refuse de démarrer ou qui ont oublié leurs clés dans leur voiture.

Ces reproches surviennent alors que les taxis sont eux-mêmes en guerre contre l’application mobile Uber, qu’ils accusent d’empiéter illégalement sur leurs activités.

Combler les trous «Les taxis, il faut leur mettre un miroir devant eux», s’exclame Réjean Breton, président de l’Association des professionnels du dépannage du Québec (APDQ).

M. Breton observe d’ail­leurs que le phénomène s’est accentué au cours des deux dernières années.
«Est-ce un effet d’Uber?» se demande-t-il.

«Ce genre de services existe depuis longtemps», se défend toutefois Dory Saliba, président du comité provincial de concertation de l’industrie du taxi.

Trop lents
«C’est parce que l’industrie du dépannage n’arrive pas à donner un service rapide» que les taxis ont pris l’habitude d’offrir ces services, explique M. Saliba. «Si votre voiture ne part pas pendant l’hiver, appelez un remorqueur pour voir. Vous allez attendre quatre ou cinq heures», estime-t-il.

Reste que l’industrie du dépannage connaît elle aussi de dures années, notamment parce que la fabrication des véhicules fait en sorte qu’ils tombent moins souvent en panne, explique M. Breton. «Sauf que nous, on ne demande pas à faire du taxi» pour combler les trous, lance-t-il.

En fait, les taxis ont le droit d’offrir ces services. Un règlement encadrant le dépannage avait été adopté par la Ville de Montréal, puis abrogé en 2004. C’est d’ailleurs le Bureau du taxi qui gère les permis des remorqueurs à Montréal et à qui ils doivent verser une cotisation chaque année. «C’est à se demander si on est surveillés par la bonne entité», rage Serge Landry, propriétaire de Remorquage Météor.

LES TAXIS MOINS COMPÉTENTS EN DÉPANNAGE ?
En plus de leur en vouloir pour la concurrence qu’ils repré­sentent, les remorqueurs accusent les taxis d’être moins compétents qu’eux lorsque vient le temps de dépanner une voiture, ce dont se défendent vigoureusement les chauffeurs.

«C’est très fréquent», lâche Serge Landy, de Remorquage Météor, à propos des déverrouillages manqués par des taxis. Il arrive même que certains chauffeurs fassent exploser la vitre d’une portière en tentant de l’ouvrir, selon M. Landry. Plusieurs remorqueurs ont aussi raconté être allés dépanner des clients qui ont dû payer en double parce qu’un chauffeur de taxi n’avait pas réussi le survoltage de leur voiture.

« Impossible » Mais pour les taxis, ces critiques ne sont pas fondées.
«C’est impossible», rétorque Driss Bouamira, président de Taxi-Coop. «Ce n’est pas n’importe quel chauffeur qui est envoyé pour un dépannage, assure-t-il. Seulement les chauffeurs chevronnés.» De plus, si un pépin survient pendant un dépannage, «on a des assurances pour couvrir ça», indique M. Bouamira.

«Les clients sont satisfaits parce qu’on est capables d’être là en cinq minutes, contrairement aux remorqueurs. D’ailleurs, on n’a eu aucun recours de clients», précise-t-il. «On a exactement les mêmes outils que les remorqueurs», abonde de son côté Dory Saliba, de Taxi Hochelaga.

Source Journal de Montréal (Dominique Scali). |42587_Meteor.jpg|

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