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28/04/2015 - Baltimore - Scène de guérillas urbaines

Nos lecteurs connaissent cette ville de la cote Est des USA au travers l'article que nous diffusons sur le salon du dépannage (tow show) qui se déroule chaque année au mois de novembre.

Aujourd'hui la ville de Baltimore fait parlée d'elle pour des scènes de guérillas suite aux obsèques d'un jeune noir.
Pour les français ce type de protestations rappelle de mauvais souvenirs pas si lointains.

Les autorités du Maryland ont annoncé lundi soir le déploiement massif de la garde nationale et imposé un couvre-feu nocturne pour ramener le calme à Baltimore, théâtre de violences et de pillages qui ont éclaté peu après les obsèques d'un jeune Noir.

«Trop de gens ont passé des générations à bâtir cette ville pour qu'on la laisse détruire par des voyous», a affirmé la maire de la ville, Stephanie Rawlings-Blake, lors d'une conférence de presse.

Les violences, circonscrites dans un quartier du nord-ouest de la ville, ont fait 15 blessés parmi les policiers, dont deux ont dû être hospitalisés, et mené à 27 arrestations.

Un couvre-feu va être instauré chaque nuit à compter de mardi à 22h locales jusqu'à 5h du matin, et ce pendant une semaine, a également annoncé la maire.

La garde nationale, qui est une force paramilitaire, va faire l'objet d'un déploiement «massif», a confirmé lors d'une autre conférence de presse la générale de cette force, Linda Singh.

Un responsable de la police du Maryland a indiqué en outre que l'État avait requis jusqu'à 5500 hommes supplémentaires en renfort.

Le gouverneur du Maryland, Larry Hogan, avait déclaré un peu plus tôt l'état d'urgence «pour restaurer l'ordre» dans cette ville de 620 000 habitants située à une soixantaine de kilomètres de la capitale fédérale.

Une rencontre de baseball lundi soir dans le grand stade de Baltimore a été annulée.
Les violences ont éclaté juste après les funérailles d'un jeune Noir, Freddie Gray, décédé après son interpellation par la police.

Les manifestants «refusent de suivre nos ordres de dispersion», avait expliqué la police sur Twitter, évoquant des individus «très agressifs et violents», munis de «bâtons, de briques, et d'autres armes».

Des émeutes similaires avaient éclaté l'été dernier à Ferguson, après la mort d'un jeune Noir non armé, tué par un policier blanc.

La ville a décidé de fermer toutes ses écoles mardi, selon une porte-parole, au risque de se retrouver avec de nombreux jeunes désoeuvrés et à nouveau prêt à en découdre.

Les manifestants ont jeté des pierres et d'autres objets en direction des forces de l'ordre munies de boucliers anti-émeute. Ils ont brûlé des voitures de police, pillé puis incendié un supermarché.

Freddie Gray est décédé le 19 avril des suites d'une fracture des vertèbres cervicales une semaine après son interpellation à Baltimore, qui compte plusieurs quartiers sensibles.

Ce décès est le dernier d'une série de bavures policières qui ont ravivé les tensions entre la communauté noire et les forces de l'ordre.

Le drame de Ferguson avait provoqué émeutes et manifestations pendant plusieurs semaines. Une demi douzaine d'autres cas similaires ont depuis défrayé la chronique et reposé la question des violences policières.

La violence à Baltimore lundi soir contrastait avec le calme et la dignité de la cérémonie en hommage à Freddie Gray.

«C'était un jour sacré dédié aux funérailles. Donc pour nous, sortir de l'inhumation et se retrouver là dedans est absolument inexcusable», a estimé le pasteur Jamal Bryant.
Quelques 3000 personnes, famille, amis et anonymes, tous Noirs, avaient rendu dans le calme un hommage mêlé de prières et de militantisme au jeune homme, qui reposait dans un cercueil blanc ouvert, entouré de gerbes de fleurs blanches dans l'église baptiste New Shiloh.

La cérémonie a pris une tournure politique avec l'intervention de l'avocat de la famille, Billy Murphy, très applaudi: «nous sommes ici pour Freddie Gray, mais aussi parce qu'il y a beaucoup de Freddie Gray».

Le président américain Barack Obama a été informé de la situation par sa nouvelle ministre de la Justice Loretta Lynch, qui venait juste de prêter serment lundi.

Le militant Jesse Jackson a dénoncé, avant la cérémonie, une «épidémie de meurtres dans le pays». «Nous sommes devenus trop violents, trop plein de haine», a-t-il dit, dénonçant la pauvreté des villes.

Depuis l'annonce de la mort de Freddie Gray, des manifestations ont lieu quotidiennement à Baltimore. Celle qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche avait déjà dégénéré en violences.

Plusieurs enquêtes ont été lancées pour élucider les circonstances des blessures de Freddie Gray. La police de Baltimore a convenu vendredi que le jeune homme aurait dû recevoir une assistance médicale après son arrestation.

Source: TVANouvelles.ca
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